Publié le 07/01/2016 - Mis à jour le 02/02/2016
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Pôle d’échanges multimodal de Rennes

Durant l’été 2017, la ligne à grande vitesse (LGV) Bretagne – Pays de la Loire devrait être mise en service. La gare de Rennes aura quant à elle été le théâtre de profondes mutations. Gérard Lahellec (vice-président du département Transport de la Région Bretagne) et Denis Kerouredan (Directeur d’opérations d’investissements en gare de Rennes, pour la Direction territoriale Bretagne - Pays de Loire de SNCF Réseau) ont apporté leur pierre à l’édifice. Tous deux ont su relever les défis qui se sont imposés lors de la phase d’avant-projet.

Améliorer la desserte des 2 régions et le confort en gare de Rennes

L’horloge de la gare de Rennes affiche 9h16 ce lundi matin, lorsque le TGV N° 8603 en provenance de Paris – Montparnasse entre en gare voie 5. Bernard, 51 ans, cadre commercial, est l’un des premiers passagers à descendre du train. Il fait ce déplacement professionnel tous les mois. « Ce matin, je me suis réveillé à 6h00 car mon train partait à 7h04. Le projet de ligne à grande vitesse me permettra de gagner une bonne demi-heure de sommeil », sourit-il. En effet, la ligne à grande vitesse (LGV) prévoit un gain de temps de 37 minutes sur le trajet entre Paris et Rennes, qui dure actuellement environ deux heures.

La LGV Bretagne - Pays de la Loire représente du temps gagné pour les voyageurs, mais aussi une plus grande ouverture de l’Ouest au reste de l’hexagone. En gare de Rennes, la continuité du trajet sera plus évidente. Le train puis le taxi, ou le train puis le métro ? Pour Bernard, le changement de moyen de transport sera facilité grâce au projet de pôle d’échange multimodal (PEM : lieu favorisant l’interface entre plusieurs moyens de transport de voyageurs). Ce cadre commercial ne le sait pas, mais ses habitudes de voyage seront étroitement liées à deux hommes.

Depuis son bureau situé à quelques kilomètres de la gare de Rennes, Gérard Lahellec, vice-président du département Transport de la Région Bretagne, précise les défis de la LGV : « La liaison à grande vitesse, les travaux de modernisation de toutes les gares et le développement des dessertes renforceront l'attractivité des territoires de Bretagne. Ils rapprocheront ceux-ci entre eux, et cela compensera l’éloignement et le caractère péninsulaire de la région. »

À Nantes, Denis Kerouredan, directeur d’opérations d’investissements en gare de Rennes (pour la Direction territoriale Bretagne - Pays de Loire de SNCF Réseau), détaille les priorités du PEM : « Il portera 3 enjeux principaux. Un enjeu capacitaire : la gare de Rennes connaît une fréquentation d’une dizaine de millions de voyageurs par an, qui a vocation à s’accroître. Un enjeu urbain : le PEM vise à réaménager le quartier de la gare avec des bureaux, des logements et des commerces pour densifier et équilibrer l’urbanisme de la ville. Un enjeu d’intermodalité : le PEM permettra de développer les échanges entre les différents modes de transport (TGV, TER, métro, bus, vélo…) »

Contourner les obstacles

La phase d’avant-projet a permis de préciser le programme et le budget. Durant les réunions techniques, les acteurs du projet doivent écouter, analyser, mais aussi anticiper et négocier.

M. Kerouredan, dont le rôle est de piloter le projet sur le périmètre de SNCF Réseau (Aménagement des accès aux quais), détaille les modalités de financement : « En 2012, la signature d’un contrat de pôle a formalisé les engagements financiers de chacun des 8 partenaires du projet. Nous avons divisé les travaux en quatre phases fonctionnelles, pour répondre aux contraintes liées à la mobilisation des financements sur plusieurs années. Ainsi, nous arrivons à suivre le calendrier. Les travaux principaux ont démarré en juillet 2015. »

S’il n’est pas intervenu directement sur le PEM, M. Lahellec a pris part aux discussions sur la participation financière des collectivités bretonnes à la LGV. Afin de faciliter le processus décisionnel, chaque collectivité a elle-même déterminé le montant de sa contribution. « Les décisions se rapportant à la dimension socio-économique du projet et à l’engagement financier de chaque partenaire, ont nécessité de longs débats, explique-t-il. Le consensus s'est construit autour d’une proposition faite par la Région : permettre à chaque département de participer au cofinancement de la LGV en fonction des retombées dont il bénéficiera. »

Pour la gare de Rennes, des défis de taille se sont présentés : comment contourner les difficultés techniques liées à la structure existante ? « Nos bureaux d’études, notamment en Ouvrage d’Art, ont su relever le défi en proposant des solutions permettant de respecter le programme malgré les fortes contraintes de l’existant. Afin de minimiser l’impact des travaux sur le déplacement des voyageurs, des groupes de travail mobilisant l’ensemble des services de la SNCF anticipent les adaptations à apporter à l’organisation ferroviaire dans la gare. »

Les chiffres clés
 

LGV

  • 182 : nombre de km de ligne nouvelle entre Connerré et Rennes
  • 3,4 milliards : coût prévisionnel en euros
  • 320 : vitesse commerciale en km/h
  • 2017 : année de mise en service

PEM

  • 9 000 m2 : surface avant-projet
  • 13 200 m2 : surface après-projet
  • 130 millions : coût global (dont 25 sous le périmètre SNCF Réseau)
  • 10 millions : nombre de voyageurs annuel dans la gare de Rennes
  • 20 millions : nombre de voyageurs annuel dans la gare de Rennes prévu en 2020

 

Illustration de l’aménagement du futur PEM de Rennes
Plusieurs moyens de transport seront accessibles depuis la gare

 

Une aventure professionnelle exigeante et enrichissante

La LGV Bretagne – Pays de la Loire et le PEM de Rennes sont des projets de grande envergure qui demandent des investissements autant financiers que personnels. Le projet n’est pas encore arrivé à son terme, mais il a d’ores et déjà enrichi les parcours professionnels de Gérard Lahellec et Denis Kerouredan. « La conduite du projet de liaison à grande vitesse m'a particulièrement marqué. Elle nous a contraints à nous approprier de grands enjeux - l’aménagement et le développement du territoire régional - dans toute leur complexité, confie le premier. Ma plus grande satisfaction a été de contribuer à fédérer les collectivités qui ont joué un rôle déterminant avec la Région. »

M. Kerouredan, lui aussi, vit une expérience formatrice. « J’occupe une fonction très intéressante car il y a une grande variété des missions, affirme-t-il. Mes relations avec les partenaires sur le projet du PEM sont très fortes. En pilotant l’ensemble des projets en gare de Rennes qui visent à accompagner l’arrivée de la ligne à grande vitesse, j’ai pu acquérir une vision globale pour apporter les réponses les plus pertinentes possibles aux problématiques qui se présentent. »

17 projets de PEM en Bretagne et Pays de la Loire
 

Il existe 11 projets de PEM concernant les gares nationales en Bretagne (Brest, Quimper, Morlaix, Guingamp, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Rennes, Redon, Vannes, Auray, Lorient) et 6 en Pays de la Loire (Le Mans, Angers, Saumur, La Roche-sur-Yon, Nantes, La Baule-Escoublac).