Publié le 15/12/2016 - Mis à jour le 23/12/2016
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Axe Saint-Étienne-Lyon : opération chrono en gare de Rive-de-Gier

Entre janvier et mars 2016, l’axe Saint-Étienne – Lyon a vu 13 de ses aiguillages renouvelés, dont deux au niveau de la gare de Rive-de-Gier. Une opération délicate, qui suppose de travailler de nuit, avec une logistique souvent complexe.

30 mars 2016, 7h47 en gare de Saint-Étienne Chateaucreux…

Deux trains TER stationnent en gare de St-Etienne Chateaucreux
Trains TER en gare voyageurs de St-Étienne Chateaucreux

Comme chaque jour, Marie attend le TER de 7h50 en direction de Lyon Perrache pour se rendre à son travail. 46 minutes de trajet, durant lesquelles elle observe le paysage. Depuis quelques semaines, d’importants travaux de rénovation sont engagés au niveau de Rive-de-Gier, à une quinzaine de minutes de Saint-Étienne. Comme les milliers de Stéphanois qui empruntent quotidiennement le même axe pour aller travailler à Lyon, elle a remarqué d’énormes engins sur les bords des voies. Mais à quoi peuvent-ils bien servir ?

Au même moment, à une vingtaine de kilomètres

Philippe Bosc, directeur d’opérations SNCF Réseau termine sa journée de travail. Sa journée ? Plutôt sa nuit car, pour la deuxième fois cette semaine, il a supervisé le remplacement d’appareils d’aiguillage en gare de Rive-de-Gier. Il fait encore froid, en cette fin de mois de mars. Mais à travers la buée qui s’échappe de ses lèvres, on discerne un sourire de satisfaction.

« Le réseau ferroviaire en région Auvergne-Rhône-Alpes compte 3 800 km de lignes. Il est essentiel de maintenir ce réseau et de renouveler régulièrement les appareils de voie. L’axe Saint-Étienne – Lyon a fait l’objet de nombreux travaux depuis 2003. Nous avons d’abord travaillé au renouvellement des voies entre Saint-Étienne et Trèves, puis entre Trèves et Givors. Cela suppose le remplacement des appareils de voie, mais aussi le renouvellement du ballast. N’oublions pas que la ligne Lyon – Saint-Étienne, même si elle date de la première moitié du 19e siècle, est aujourd’hui encore l’axe régional le plus fréquenté en dehors de l’Île-de-France ! Le renouvellement des 2 aiguillages au niveau de Rive-de-Gier fait suite à celui de 11 appareils de voie en gare de Saint-Étienne Chateaucreux entre janvier et mars. »

Le réseau ferroviaire en région Auvergne-Rhône-Alpes compte 3 800 km de lignes. Il est essentiel de maintenir ce réseau et de renouveler régulièrement les appareils de voie.

Un chantier « contre-la-montre »

Chantier de modernisation des aiguillages

Le TER de Marie est entré en gare à l’heure annoncée, et la voilà confortablement installée, prête pour une nouvelle journée ! Philippe Bosc, de son côté, souffle enfin. « Le chantier de Rive-de-Gier, c’était un véritable contre-la-montre ! Le remplacement d’un aiguillage, du démontage jusqu’à la stabilisation et la remise en service de la voie, demande environ 8 heures. »

Après deux nuits de travail, les aiguillages des deux voies ont été remplacés.« C’est une entreprise extérieure, La Dijonnaise de Voie Ferrée, qui a remporté le chantier suite à un appel d’offres. La maîtrise de travaux est assurée par SNCF Réseau. En ma qualité de directeur d’opérations sur la région Auvergne-Rhône-Alpes, j’ai donc supervisé l’ensemble des manipulations et des procédures. »

Le remplacement d’un aiguillage, du démontage jusqu’à la stabilisation et la remise en service de la voie, demande environ 8 heures de travail, pour un coût total de 400 000 euros.

Le challenge ? Travailler dans le respect des contraintes horaires et fournir un travail de précision tout en maniant une machinerie complexe. « Le remplacement d’aiguillages », souligne Philippe Bosc, « suppose un mélange de gros œuvre et de précision extrême. Sur l’ensemble des travaux menés en 2016 entre Saint-Étienne et Rive-de-Gier, nous avons eu recours notamment à une hydropelle pour la manutention et le chargement de matériaux, à une bourreuse mécanique lourde pour comprimer le ballast, à un compacteur pour niveler le sol et le rendre moins perméable, etc. »

Sur la gare de Rive-de-Gier, les travaux de renouvellement des appareils de voie ont suivi plusieurs étapes :

  • interception des voies de chantier afin de pouvoir travailler en alternance sur une voie, puis sur l’autre ;
  • installation de l’éclairage et préparation du chantier ;
  • démontage et évacuation de l’ancien appareil de voie ;
  • dégarnissage : on enlève le ballast usagé de la voie ;
  • réalisation de la sous-couche ;
  • pose du nouvel appareil de voie ;
  • ballastage : on pose un nouveau ballast (sol de pierres ou de graviers sur lequel reposent les voies) ;
  • bourrage : on tasse le ballast et on nivelle le sol ;
  • repose des installations de sécurité et essais ;
  • restitution des voies.

10 étapes clés à réaliser chrono en main pour que le trafic puisse reprendre, sans la moindre interruption, au matin.

Bienvenue sur un axe stratégique du réseau ferré

Et le trafic, justement, suit son cours en ce mercredi 30 mars 2016. Après avoir dépassé la gare de Rive-de-Gier, Marie arrive en gare de Lyon Perrache quelques minutes à peine après l’heure habituelle. Un très léger retard, dû à un obligatoire ralentissement du train après la pose d’un nouvel aiguillage. « Nous avons travaillé en alternance sur les deux voies en amont de Rive-de-Gier », précise Philippe Bosc. « Sur une voie la première nuit, puis sur l’autre la suivante. De cette façon, même si les trains devaient ralentir au niveau des travaux fraîchement finis, il n’y a pas eu d’interruption dans le trafic. »

Au niveau de Rive-de-Gier, une trentaine de personnes ont été mobilisées pour le renouvellement des aiguillages. Notre objectif : ne pas perturber le trafic.

Car l’enjeu était de taille : chaque jour, 18 000 voyageurs et 135 trains empruntent l’axe Saint-Étienne – Lyon dans les deux sens. « L’objectif pour SNCF Réseau était, dans le cadre du programme Vigirail, d’assurer d’abord la maintenance du réseau ferré et la performance du trafic, mais aussi d’optimiser la sécurité et le confort des voyageurs. », conclut Philippe Bosc.

Et à voir l’air détendu sur le visage de Marie qui se dirige vers son bureau, pas de doute : la mission est réussie !

Travaux de renouvellement sur l’axe Saint-Étienne – Lyon

 

Le plan Vigirail à l’échelle nationale
 

La modernisation et le renouvellement du réseau est un enjeu prioritaire pour SNCF Réseau. C’est pourquoi, en octobre 2013, le programme national « Vigirail » a été lancé. L’objectif ? Renforcer la sécurité des aiguillages et moderniser la maintenance des voies. Doté d’un budget de 410 millions d’euros sur 4 ans, le plan « Vigirail » permettra le remplacement, à l’échelle nationale, de plus de 1 200 aiguillages entre 2014 et 2017. Pour la seule région Rhône-Alpes-Auvergne, le nombre d’aiguillages remplacés est passé de 35 en 2015 à 160 en 2016.

Une fin de journée méritée… mais le travail se poursuit pour SNCF Réseau

Il est 17h54 en gare de Lyon Part-Dieu.

Le TER direct en direction de Saint-Étienne Chateaucreux entre en gare.

Si Marie s’apprête à rentrer chez elle, pour SNCF Réseau, les opérations continuent ! Entre janvier et mars 2016, 2 km de voie ont été renouvelés en totalité entre Saint-Étienne et Rive-de-Gier, et 1 km de voie a été relevé de plusieurs dizaines de centimètres par un appareil ferroviaire appelé « bourreuse mécanique ». La voie se retrouve ainsi stabilisée et positionnée à la bonne hauteur. « Même si le renouvellement des aiguillages en gare de Rive-de-Gier est terminé, il reste du travail ! », insiste Philippe Bosc. « Maintenant, il faut réaliser la mise à niveau pour éviter aux trains des montées ou descentes trop importantes, la soudure aluminothermique qui consiste à souder les rails entre eux, le nivellement complémentaire – Bref : tous les travaux de finition ! »

Zoom sur les mains de plusieurs hommes travaillant en équipe pour renouveler un appareil de voie
Des équipes travaillent de nuit pour remplacer les aiguillages, sans interrompre le trafic

Pour l’ensemble de ces opérations, les équipes de SNCF Réseau et de la Dijonnaise de Voie Ferrée ont été mobilisées jusqu’au 9 avril.

En tout, le renouvellement des 13 aiguillages des gares de Saint-Étienne Chateaucreux et de Rive-de-Gier de janvier à mars 2016 a nécessité :

  • plus de 50 personnes travaillant simultanément ;
  • 3 900 mètres de rail ;
  • 3 200 traverses ;
  • 5 800 tonnes de ballast ;
  • pour un budget de 6,78 M€, 100 % financé par SNCF Réseau.

« C’était un chantier important et difficile, dans la mesure où nous avons dû travailler de nuit en plein hiver », souligne Philippe Bosc. « Mais des chantiers de ce type, il y en a une dizaine par an ! » Pour preuve : le directeur d’opération s’apprête à superviser, d’ici quelques semaines, le renouvellement de 34 appareils de voie en gare de Lyon Perrache, cette fois-ci sur l’axe Paris–Lyon–Marseille. Et d’autres grands travaux sont prévus à l’horizon 2018 sur le réseau Auvergne-Rhône-Alpes :

  • Givors – Peyraud (90 M€) en 2017 ;
  • Saint-André-le-Gaz – Chambéry (60 M€) à l’été 2018 ;
  • Valence – Moirans (95 M€) en 2018 ;
  • Axe Lyon – Grenoble en 2018.

L’assurance pour des millions de personnes qui, comme Marie, empruntent au quotidien le réseau ferré, de voyager dans des conditions de sécurité et de confort optimales.


L’aiguillage est la première partie de l’appareil de voie qui va orienter le train dans la bonne direction. Dans le cadre de cette opération, ce sont bien 13 appareils de voie complets qui ont été remplacés.