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Préservation de la biodiversité et de la qualité des milieux

En tant que gestionnaire d’un important linéaire à travers les territoires, au cœur d’interactions multiples avec des voisinages très différents (milieux urbains, zones agricoles, milieux naturels), SNCF Réseau agit pour la préservation de l’environnement et de la qualité des milieux. Au travers de l’entretien, de la modernisation et du développement du réseau, l’entreprise porte une politique environnementale et de développement durable pour réduire les impacts de ses activités, tout en améliorant les performances du réseau ferré.

Une gestion raisonnée de la végétation

Pour des impératifs de sécurité ferroviaire et de régularité des circulations sur les 30 000 km de lignes du réseau ferré national, la maîtrise de la végétation dans les emprises ferroviaires, voies ferrées et leurs abords, est indispensable. Pour le traitement des voies ferrées et des pistes latérales, SNCF Réseau utilise des méthodes chimiques afin de garantir une absence systématique de végétation. En ce qui concerne les abords, SNCF Réseau use majoritairement de méthodes mécaniques, complétées de traitements chimiques sélectifs, pour maintenir un couvert de végétation herbacée et/ou arbustif maîtrisé, permettant de conserver la stabilité des talus (ou ouvrages en terre).

Le désherbage de la plateforme ferroviaire

L’absence de végétation dans le ballast et sur les pistes latérales garantit le bon écoulement des eaux et permet ainsi d’éviter un accroissement de la quantité d’eau, elle même susceptible d’affaiblir la sous-couche et d’avoir des effets négatifs sur la stabilité de la voie. De plus, l’absence de végétaux sur les pistes est essentielle pour permettre la surveillance des constituants de la voie ainsi que l’acheminement du personnel de maintenance et en cas de nécessité, des secours.

En 2013, SNCF Infra et Réseau Ferré de France (SNCF Réseau depuis 2015) ont signé un accord de partenariat avec les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé. Il permet de fédérer les acteurs autour d’actions destinées à réduire l’utilisation des herbicides dans les emprises ferroviaires.

Dans cette démarche, afin de réduire son impact sur l’environnement et de préserver la qualité des milieux, tel que le milieu aquatique, SNCF Réseau a diminué sa consommation de produits phytosanitaires. En effet, le suivi mis en place depuis 1984 permet de montrer une tendance générale à la baisse, notamment depuis 1998. Cette baisse a été permise grâce à l’évolution des produits, efficacité équivalente à plus faible dose, mais aussi aux pratiques de SNCF Réseau :

  • homologation des produits par SNCF à une dose plus faible que celle autorisée (Autorisation de Mise sur le Marché) ;
  • évolution des matériels qui permettent de moduler les dosages entre la partie ballastée et les pistes, pour les trains désherbeurs nationaux. Par exemple, pour les lignes à grande vitesse (LGV), l’épaisseur de ballast mis en place permet de garantir un effet de paillage, et seules les pistes et la banquette de ballast sont traitées. Sur les lignes classiques, la partie ballastée est traitée à demi-dose, car cette zone est moins favorable au développement de la végétation.

L’inexistence de solutions alternatives curatives pour entretenir la partie ballastée (les solutions thermiques peuvent dégrader les constituants) est la principale difficulté, pour SNCF Réseau, de pouvoir continuer à diminuer sa consommation d’herbicides pour maintenir le réseau.

En 2014, SNCF Réseau (RFF à l’époque) a ainsi équipé 54 de ses camions et trains désherbeurs régionaux d’un GPS relié par 3G avec le Système d’Information Géographique pour la Maîtrise de la végétation (SIGMA). Ce GPS affiche en temps réel les zones à ne pas traiter, comme les cours d’eau et leurs abords. Les vannes de traitement se coupent alors automatiquement, avant de se remettre en marche en sortant de la zone d’exclusion (22 000 coupures de traitement sont nécessaires sur l’ensemble du réseau ferré national). De plus, cette solution permet de ne pas traiter deux fois au même endroit, et diminue localement jusqu’à 50 % de la consommation de produits phytosanitaires dans les zones complexes telles que les triages (où plusieurs voies peuvent se rejoindre et se croiser).

Cette technologie a été adaptée du monde agricole pour le monde ferroviaire. Une innovation unique au monde !

Pour 2015, cette technologie a été équipée sur un train national. Si ce prototype fonctionne, il permettra de valider l’équipement des trains nationaux en GPS pour la campagne 2016.

Toujours dans le cadre de la démarche de l’accord de partenariat, les opérateurs ont le CERTIPHYTO (certificat permettant d’utiliser des produits phytosanitaires), soit opérateurs en travaux et services pour les personnes appliquant les herbicides, soit décideur en travaux et services pour l’encadrement. Des formations en interne on été mise en place afin d’accompagner les opérateurs dans les évolutions du matériel et dans l’utilisation des herbicides. SNCF Réseau s’est aussi lancée dans une démarche d’agrément d’entreprise d’application en prestation de service de produits phytosanitaires.

L’entretien des dépendances vertes (aux abords de la plateforme)

SNCF Réseau renforce l’expertise « végétation » dans les établissements de maintenance : des « experts végétation » sont en charge d’établir un plan de maintenance raisonnée et d’assurer la cohérence de l’ensemble des interventions sur leur territoire (des entreprises privées aux moyens internes de désherbage et de débroussaillage).

Par ailleurs, sur trois établissements pilotes, le renforcement de cette expertise est testé via l’appui d’entreprises privées : missionnées pour 5 ans reconductibles, elles sont chargées d’élaborer – en coordination avec SNCF Réseau - et de réaliser le programme d’entretien de l’établissement. L’expertise des entreprises est étendue à la réalisation de travaux en autonomie partielle : elles assurent leur propre annonce et mènent leurs interventions sans l’encadrement usuel des agents de maintenance.     

Sur les zones sensibles ou à enjeu environnemental, se développent des méthodes alternatives, comme la pose de géotextiles inhibant la pousse de végétation dans la zone de voie, par exemple.

Protection de la biodiversité

Continuité des espaces et des milieux

SNCF Réseau, au travers de ses directions territoriales (DT), participe à l’élaboration et contribue aux schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE). Ces schémas sont les déclinaisons régionales de la politique nationale de trames vertes et bleues. Ce réseau de réservoirs de biodiversité, reliés par des biocorridors entre eux, permettent le brassage, le déplacement, la reproduction et l’alimentation d’espèces animales ou végétales via des espaces existants ou à restaurer.

Ainsi, des ouvrages spécifiques (passages grande faune, passages petit faune ou encore batrachoducs à l’intention des batraciens) ont été aménagés le long des lignes nouvelles, notamment la LGV Rhin-Rhône et la LGV Est Européenne. Autre exemple, la construction d’une passe à poissons sur un cours d’eau franchi par le réseau existant en région Languedoc-Roussillon, pour permettre aux poissons de remonter la rivière et de se reproduire. Les espèces les plus concernées sont l’alose, l’anguille, la lamproie et l’ensemble des poissons du cours d’eau. La passe à poissons est un aménagement qui permet d’effacer les conséquences de l’ouvrage ferroviaire sur le cours d’eau (création de seuil, insuffisance de la ligne d’eau dans l’ouvrage, etc.) pour rendre l’ouvrage franchissable par toutes les espèces, en toute saison.

Sur les lignes nouvelles, SNCF Réseau collabore avec la profession agricole pour optimiser les consommations des terres agricoles : restitution des talus ferroviaires à une mise en valeur agricole, mutualisation des pistes d’accès aux parcelles et à la voie ferrée pour son entretien, etc.

Partager les savoirs pour préserver l’environnement

SNCF Réseau s’appuie sur ses partenaires - qu’il s’agisse d’experts environnementaux, de collectivités ou d’associations locales de préservation de la nature – pour améliorer sa connaissance de l’environnement. L’entreprise est ainsi membre fondateur du CILB (Club Infrastructures Linéaires et Biodiversité). Cet organisme, qui regroupe plusieurs gestionnaires d’infrastructures linéaires (transport ferroviaire, infrastructures autoroutières et routières, énergies, fluviales), soutient des projets de recherche pour favoriser la protection écologique dans la gestion de leurs réseaux.

L’entreprise collabore également avec France Nature Environnement (FNE) – une fédération qui regroupe plus de 3 000 associations - sur plusieurs thématiques environnementales. Dans le cadre de leur partenariat, FNE et SNCF Réseau travaillent ensemble afin :

  • d’améliorer l’intégration de la biodiversité dans la gestion du réseau existant et dans les projets de développement ;
  • de mener une réflexion sur les enjeux et les impacts des lignes ferroviaires sur l’aménagement et l’accessibilité des territoires ;
  • de sauvegarder les emprises non utilisées pour toute autre réutilisation possible, en donnant la priorité au monde ferroviaire.

Ainsi en 2012, un guide de bonnes pratiques environnementales (guide « Biodiversité et grands projets ferroviaires : intégrer les enjeux écologiques dès le stade études ») a été élaboré avec FNE. Ce guide, à destination du maître d’ouvrage et des adhérents d’une association de FNE, se veut avant tout pédagogique, avec l’objectif d’allier mobilité durable et respect de la biodiversité. Il explique la manière opérationnelle dont celle-ci doit être prise en compte aux différentes étapes du projet ferroviaire. Il propose également un cadre d’échanges structurés entre l’entreprise et les associations environnementales.

Enfin, au gré des projets, des partenariats locaux liés à un projet ou une action particulière sont mis en œuvre :

  • avec des associations d’insertion par une clause d’insertion sur le Tram-Train Nantes Châteaubriant ou des chantiers d’insertion sur la Petite Ceinture parisienne ;
  • avec des gestionnaires d’espaces naturels pour gérer dans le temps les zones de compensation de milieux naturels induites par la réalisation du projet (avec les conservatoires régionaux, des syndicats de rivières, des conseils généraux, etc.)