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Économie circulaire et valorisation des produits de dépose

SNCF Réseau a pour objectif de mieux gérer et valoriser les produits de dépose issus des chantiers de régénération ou de maintenance. Pour cela, l’entreprise favorise une approche industrielle qui repose sur la valorisation des matériaux déposés lors d’entretien ou renouvellement du réseau par le réemploi direct ou indirect, le recyclage ou la réparation et la valorisation des matières. En dernier recours des filières de traitement ou d’enfouissement sont mises en place. Cette hiérarchisation est conforme à la directive européenne déchets.

Les filières « Économie Circulaire des matières » permettent de nourrir la connaissance du niveau de valorisation potentielle et font évoluer les conceptions de nouveaux produits par l’innovation. À long terme, l’enjeu de cette démarche est la sécurisation de nos approvisionnements de matières à l’horizon 2025.

Plusieurs actions sont déjà concrètes, comme le réemploi d’une partie du ballast et des rails, ou la valorisation énergétique des traverses en bois.

Revaloriser, réparer, recycler, réutiliser, repenser : les 5R de l’économie circulaire

Afin de mieux maîtriser la pression sur ses ressources, SNCF Réseau réemploie ses produits usagés ou recycle ses déchets dès lors que cela est faisable techniquement, juridiquement et économiquement. Et ce, tant dans ses activités quotidiennes (tri sélectif au bureau, par exemple) que dans sa mission de gestionnaire d’infrastructures (maintenance, chantiers de construction…)

Ces actions sont menées conformément à la hiérarchie des modes de traitement définis par les articles L541-1 et suivants du code de l’environnement :

  • prévention pour limiter la production de déchets ;
  • préparation en vue de la réutilisation ;
  • recyclage ;
  • valorisation (notamment valorisation énergétique) ;
  • élimination.

Concrètement, elles s’articulent autour de 5 grands piliers :

  1. Revaloriser les déchets en nouvelles sources d’énergie
  2. Réparer le matériel pour allonger sa durée de vie
  3. Recycler les produits, en proposant des ressources aux autres filières
  4. Réutiliser du matériel directement ou indirectement sur le réseau
  5. Repenser les matériaux du futur

Rail, ballast, traverses… : rien ne se perd, tout se transforme

Les rails en acier sont réutilisés quand leur niveau d’usure le permet. C’est notamment le cas des rails issus des lignes à grande vitesse (LGV), réemployés sur des voies secondaires ou des voies de service, après contrôle de l’établissement Infrarail de Saulon. Ils peuvent aussi être recyclés à travers des filières locales, l’acier étant alors vendu pour refonte. En 2014, plus de 65 km de rail ont ainsi été valorisés.

Le ballast est en partie réutilisé à des fins ferroviaires, après criblage (séparation des parties fines et des parties grossières). Une partie du ballast dégarni non réutilisé est valorisée, notamment à destination de travaux routiers. Sur les chantiers mobiles (suites rapides), entre 30 et 50 % du ballast est réemployé directement sur la voie, après criblage sur le train de suite rapide. Le reste est valorisé en sous-couche routière après analyse. En 2014, plus de de 450 000 tonnes d’économie de ballast neuf ont été réalisées.

Les traverses en bois sont incinérées et valorisées énergétiquement pour la production de vapeur industrielle (papetier, cimenterie, panneautier…) En 2014, 60 000 tonnes de traverses bois ont été incinérées.

Les traverses en béton sont broyées, et la grave béton (morceaux de béton concassé) est valorisée en sous-couche routière ou en assainissement. En 2014, plus de 200 millions de tonnes de graves ont été réutilisées.

Valoriser les traverses en bois

Les traverses en bois sont traitées à la créosote. Ce traitement leur assure une résistance et une durabilité importantes, compatibles avec les impératifs de sécurité et d’économie du système ferroviaire.

20% des voies principales du réseau ferré national sont équipés de traverses en bois, ainsi que la totalité des voies de service. La créosote étant classée comme substance cancérigène, l’imprégnation des traverses en bois conduit à des conditions spécifiques de réutilisation et d’élimination.

À cet effet, deux marchés cadres ont déjà été passés :

  • l’un concerne les traverses issues de l’entretien courant et du stock historique. Il s’agit donc des traverses réparties de manière diffuse sur le territoire, et souvent en mauvais état ;
  • l’autre est dédié aux opérations de renouvellement de la voie. Il intègre donc des quantités plus importantes et plus localisées.

Les deux contrats permettent d’assurer  une valorisation énergétique dans des filières sécurisées et conformes à la réglementation.

Pour rechercher une solution de long terme permettant de sécuriser le processus d’élimination ou de valorisation des traverses, notamment de favoriser une valorisation en France et d’optimiser son bilan économique, un marché négocié sur la valorisation des traverses en bois créosotées a été lancé auprès d’industriels. Un nouveau marché négocié devrait être attribué en 2015, pour développer des filières à l’horizon 2018.

En outre, SNCF Réseau a établi un plan d’action depuis 2008. Celui-ci vise à :

  • garantir la traçabilité du processus d’élimination des traverses devenues impropres à tout usage ferroviaire ;
  • renforcer la fiabilité des données ;
  • promouvoir des filières industrielles d’élimination adaptées, en concertation avec les autorités de l’État ;
  • éliminer rapidement les stocks historiques et ne pas les renouveler.

Valorisées, les traverses en bois peuvent devenir une source d’énergie pour les installations industrielles. C’est le cas de ce papetier belge qui utilise des traverses dans son installation de cogénération (fabrication de vapeur pour sécher le papier). En 2014, plus de 60 000 tonnes de bois énergie ont ainsi été valorisées.

Les chiffres de l’économie circulaire
 
  • 2 000 000 de tonnes de ballast
  • 300 000 tonnes de traverses béton
  • 115 000 tonnes de rail valorisées
  • 60 000 tonnes de traverses bois
  • 3 000 tonnes de ferrailles hors rail
  • 1 700 tonnes de métaux non ferreux
  • 35 Millions € de recette de valorisation des produits de dépose en 2014