Publiée le 28/07/2014 - Mise à jour le 29/05/2015
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Publication du rapport sur la collision de Denguin

La Direction des Audits de Sécurité de SNCF a terminé le 26 juillet son rapport de constatations sur l’accident de Denguin survenu le 17 juillet dernier.

Le 26 juillet 2014, la Direction des Audits de Sécurité de SNCF a terminé son rapport de constatations sur l’accident de Denguin survenu le 17 juillet dernier.
Ce rapport est remis, d’une part aux Présidents de SNCF et RFF, d’autre part au Ministre des Transports, au BEATT et au Procureur de la République de Pau.

A la suite de neuf jours de constats, d’enquête, d’entretiens et de travaux d’ingénierie menés par une équipe pluridisciplinaire de cinq experts SNCF, le déroulement des faits est établi dans les termes du rapport. Comme annoncé, ce rapport est intégralement mis en ligne sur le site sncf.com.

Le 17 juillet dernier, entre Pau et Dax, vers 17h30, un TER rattrapait l’arrière d’une rame TGV qui circulait en marche à vue. Cette collision a fait 40 blessés, une personne étant toujours hospitalisée.

Avant le heurt des deux trains, le conducteur du TER 867285 s’est bien arrêté au signal 23, peu avant Denguin (64). Le conducteur n’a pas franchi le signal au rouge avant de repartir à vitesse normale. Le signal était bien au vert quand le TER est reparti.

Le système de Bloc Automatique à Permissivité Restreinte (« BAPR »), qui équipe cette section de ligne depuis 2008, n’est pas en cause : ce système automatique de sécurité permet d’assurer l’espacement des trains sur une ligne et dans un même sens et donc de garantir la présence d’un seul train sur une portion de voie appelée « canton ».

L’intervention de l’agent de maintenance sur la guérite de Denguin n’apparaît pas avoir pu provoquer l’incident électrique.

De même les agents du centre opérationnel de gestion des circulations de Bordeaux ont appliqué en toute conformité les procédures prévues.

Aucune défaillance ou défaut de maintenance des trains concernés (TGV et TER) n’a été constatée.

Une conjonction technique très exceptionnelle

L’origine immédiate de l’accident est un dysfonctionnement (« incident contraire à la sécurité »), intervenu dans la guérite de signalisation.

Il s’agit d’une conjonction technique très exceptionnelle et sans précédent connu sur ce type d’équipement.

Elle comporte le cumul de trois événements : l’action de rongeurs sur les gaines d’isolement des câbles, malgré le dispositif de précaution existant ; le fait que les deux fils détériorés étaient situés à l’extrémité de la chaîne électrique commandant le signal ; enfin une séquence défavorable provoquant la mise en contact de deux fils électriques, comme des vibrations ou encore la mise en tension des circuits voisins.

Des mesures immédiates de vérification des guérites

Sans attendre, et à titre de précaution, une opération de vérification des guérites de signalisation commandant des installations est lancée.
Elle comporte deux temps :

  • Dès à présent et sans délai, engager le contrôle de 3 000 guérites de cantonnement qui n’ont pas été vues depuis le début de cette année.
  • D’ici la fin septembre, toutes les autres installations de cantonnement - 10 000 - auront été vérifiées.

Cette vérification comprend deux volets : d’une part la mesure électrique de l’isolement de l’installation, d’autre part, la vérification visuelle des équipements présents dans la guérite et notamment le bon état des fils et câbles électriques.

Enfin un réexamen approfondi des normes de conception physique de la protection de ce type d’installations et de leurs normes d’entretien est engagé.

Il appartient maintenant au BEATT et à l’autorité judiciaire de statuer sur les causes et les responsabilités de l’accident.