Publié le 06/02/2017 - Mis à jour le 21/08/2017
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Tranchée de Mercuès : des travaux de haute voltige

Cordes, baudriers, chaussures à crampons : il faut être un peu escaladeur pour accéder à la tranchée de Mercuès, dans le département du Lot, à trois kilomètres de Cahors. C’est là, pourtant, que SNCF Réseau a entrepris d’importants travaux de sécurisation durant toute l’année 2016. Un chantier à flanc de falaise, qui a nécessité des moyens humains et matériels hors normes.

Un chantier haut perché

Un bruit sourd remplit le ciel de Mercuès. C’est un hélicoptère qui progresse au-dessus de la voie SNCF reliant Montauban aux Aubrais, sur l’axe Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT). Depuis la cabine de pilotage, on peut apercevoir les villes de Cahors et de Caillac. En baissant le regard, on peut également voir le château de Mercuès, juste à l’aplomb d’un piton rocheux où s’activent des gilets de sécurité orange.

Cela fait un an que SNCF Réseau et l’entreprise partenaire ROC Aménagement évoluent sur ce site grandiose. L’objectif principal ? Remettre en conformité le dispositif d’alerte en cas de chute de blocs rocheux : un système de filets détecteurs devenu vétuste. La pose de nouveaux filets détecteurs permet de sécuriser le passage des trains.


22 mai 2012 : effondrement d’une portion du mur de revêtement de la paroi rocheuse. Dès le lendemain, 40 m³ de matériaux sont retirés de la paroi endommagée afin de l’assainir. Les voies ont été remises en état et rendues à la circulation quelques jours après.

 

 

« La nature du site, géologique mais aussi culturelle, a impliqué des procédures particulières », explique Karine Castet, directrice d’opérations en charge du chantier. « La proximité du château de Mercuès, par exemple, a nécessité une démarche auprès de l’architecte des bâtiments de France pour obtenir une déclaration de travaux. »

Habilités à travailler en hauteur, les collaborateurs de l’entreprise ROC Aménagement évoluent entre 10 et 25 mètres au-dessus des voies. « Le défi de ce chantier, c’est de réaliser des travaux complexes dans des conditions difficiles. »

La nature du site, géologique mais aussi culturelle, a supposé des procédures particulières

 

Sécurité à tous les niveaux

Sensible, la tranchée de Mercuès ? Oui. Le système de détection par filets détecteurs était vétuste, et sa maintenance engendrait des risques pour le personnel qui devait accéder et monter aux poteaux pour remettre en fonction l’installation après chaque déclenchement.

Les travaux ont porté dans un premier temps sur les ouvrages en terre, avec principalement :

  • la remise en conformité du système de filets détecteurs de chutes d’éléments rocheux, afin d’alerter et d’arrêter les circulations ferroviaires en cas de chute de blocs ;
  • la mise en place d’une protection de la paroi rocheuse par du grillage plaqué et ancré sur les parties non-couvertes par les filets détecteurs ;
  • l’aménagement d’une piste permettant d’accéder aux installations des filets détecteurs en toute sécurité, lors des interventions d’urgence ou de maintenance.

Les ouvrages d’art ont également fait l’objet d’une restauration. La paroi à l’aplomb de la voie 1 (sens Toulouse-Paris) a été confortée par des ancrages, ainsi que par la reprise des parties maçonnées, avec les moyens mis en œuvre par l’entreprise Gauthier.

 

Calendrier
 
  • 4 janvier 2016 : début des travaux de confortement
  • Août 2016 : début des travaux de restauration des ouvrages d’art
  • 18 octobre 2016 : mise en service de la première nappe de filets détecteurs à l’issue des vérifications techniques réalisées par les équipes du Pôle Régional d’Ingénierie (PRI) de Toulouse et les équipes de la Signalisation électrique locale (SE)
  • 18 novembre 2016 : fin des travaux sur les ouvrages d’art
  • 1er décembre 2016 : mise en service de la deuxième nappe de filets détecteurs
  • 1ère quinzaine de décembre 2016 : les nouveaux accès sont en place (structures métalliques constituant des échelles à marches, échelles à crinoline…)
  • 3ème semaine de décembre 2016 : repli du chantier

 

 

Des partenaires de haute-volée

Pour les voyageurs qui effectuent le trajet entre Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, la vue en contre-plongée sur le piton rocailleux de Mercuès est saisissante. Une vingtaine de mètres, quasiment à la verticale et à l’aplomb des voies ferrées. « C’est une des complexités du chantier », rappelle d’ailleurs Karine Castet.

Pour accompagner SNCF Réseau, des partenaires spécialisés ont été retenus. « Le travail de sélection des fournisseurs a commencé dès le début de l’été 2015 », souligne Gaëlle Morin, acheteur expert, rattachée à la Direction Territoriale des Achats Atlantiques (DTA-A). « En raison de la spécificité des travaux, nous avons dû sortir du cadre et trouver des entreprises de confiance pas encore référencées dans notre panel de fournisseurs. Avec ROC Aménagement, nous avions l’assurance d’un partenaire habilité et habitué à travailler en hauteur et dans un cadre sécuritaire strict, défini par SNCF Réseau. »


Le système de détection de chutes d’éléments rocheux et la mise en place d’un grillage permettent de sécuriser la tranchée sensible de Mercuès.

 

Un chantier hors-norme

En raison de la configuration des lieux, ROC Aménagement a notamment fait appel à une société d’héliportage pour évacuer les déblais et les résidus de débroussaillage, et pour acheminer le matériel nécessaire sur les lieux du chantier. Des opérations hors normes qui se traduisent par des chiffres impressionnants :

  • plus de 400 « big-bags » de gravats et de résidus, d’environ 800 kg chacun, évacués entre janvier et mai 2016 ;
  • 300 poteaux de 5 à 6 mètres de hauteur et de 180 kg chacun à implanter ;
  • 49 tourets de câbles de 500 mètres de fils chacun à dérouler ;
  • plus de 3 000 poulies à monter ;
  • 1 500 mètres de piste d’accès aux installations de sécurité ferroviaire repensés ;
  • 20 personnes mobilisées en permanence sur le chantier ;
  • et un coût révélateur : 5 millions d’euros, 100 % financés par SNCF Réseau.

Avec ROC Aménagement, nous avions l’assurance d’un partenaire habilité et habitué à travailler en hauteur et dans un cadre sécuritaire strict, défini par SNCF Réseau. 


Un cadre géologique grandiose… mais complexe.

 

Une circulation dense, à gérer pendant les travaux

Différentes équipes ont appréhendé ensemble les spécificités et les contraintes de ces travaux :

  • la maîtrise d’ouvrage opérationnelle a été confiée à l’Agence Projets Midi-Pyrénées ;
  • la maîtrise d’œuvre études au Pôle Régional Ingénierie de Toulouse ;
  • la maîtrise d’œuvre travaux à l’Infrapôle, ainsi qu’aux équipes de l’Infralog et de l’Établissement infra-circulation Midi-Pyrénées.

Cette maîtrise opérationnelle constituait au défi au quotidien. Car l’axe POLT est un axe structurant. Il fallait donc pouvoir gérer les différents intervenants sur le chantier tout en tenant compte d’une circulation de trains importante. « Il a fallu définir en amont les interceptions de circulation à certaines périodes de la journée. Parfois, seule la voie 1 était neutralisée. Un système d’annonce automatique permettait alors aux trains de circuler sur la voie 2 (sens Paris-Toulouse) dans les deux sens. Si nécessaire, le trafic était arrêté sur les voies 1 et 2 de manière simultanée. »

Grâce à ce travail de coopération continue, le chantier de confortement de la tranchée de Mercuès a pu commencer et se terminer en temps et en heure « Nous avons rencontré de nouveaux défis chaque jour ! Au mois d’août, une deuxième entreprise – l’entreprise Gauthier – est arrivée sur les lieux sur les lieux pour les ouvrages d’art, en même temps que ROC Aménagement. Or, pour des raisons de sécurité, la coactivité verticale est interdite. Ils devaient travailler en linéaire. Il fallait donc trouver des solutions, s’adapter, et faire en sorte que toutes les équipes impliquées puissent porter ensemble ce projet. » 

Nous avons rencontré de nouveaux défis chaque jour !


Une cohésion d’équipe qui permet le bon déroulement du chantier.

 

Un projet piloté à 100 % par SNCF Réseau

Le chantier de la tranchée de Mercuès s’inscrit dans le cadre, plus vaste, de la modernisation de l’axe POLT. Travaux d’aiguillages, renouvellement des voies, régénération des tunnels : au total, en 2016, ce sont près de 9 millions d’euros qui ont été mobilisés par SNCF Réseau en Midi-Pyrénées sur cet axe stratégique. À Mercuès, les opérations se sont déroulées jusque décembre 2016.


De nombreux travaux sont prévus sur l’axe POLT à l’horizon fin 2016.

 

Une approche innovante d'achats
 

Les travaux de la tranchée de Mercuès ne ressemblent décidément pas à un chantier habituel. D’ordinaire, les appels d’offre auprès d’entreprises partenaires se font sur la base d’un panel préalablement défini par SNCF Réseau. Des entreprises sont enregistrées et habilitées à travailler sur certains segments du réseau. Pour la tranchée de Mercuès, les choses ont été un peu différentes. « Nous avons dû imaginer un autre mode de sélection, car avec le système de qualification des fournisseurs défini par SNCF Réseau, seulement 3 entreprises habilitées à travailler en hauteur étaient référencées », explique Gaëlle Morin, acheteur expert OA/OT. « C’est pourquoi, en raison des particularités géologiques du chantier et parce que nous avions besoin d’un partenaire spécialisé dans les travaux sur corde, nous avons d’abord défini très précisément notre besoin avec la maîtrise d’œuvre études. Puis nous avons décidé de challenger le panel ‘classique’ de fournisseurs pour apporter une réponse sur-mesure. » Au terme d’une sélection sur critères techniques et financiers, c’est l’entreprise ROC Aménagement qui a remporté ce contrat.